jeudi 29 novembre 2012

"On doit être plus des tueuses devant le but"



Corine Franco a offert l'égalisation (photo dfb.de)
Corine Franco a offert l'égalisation (photo dfb.de)
Bruno Bini, sélectionneur de l'équipe de France 
"On n'a pas bien débuté, et quand on commence ça, ça peut vite devenir catastrophique. Le coup franc de Louisa Necib sur la barre transversale nous a fait du bien. On a quand même souvent maîtrisé le ballon, mais elles étaient toujours très dangereuses avec leurs contres rapides. On a souffert en seconde mi-temps, mais les filles ont donné leur maximum aujourd'hui. Le groupe vit bien ensemble, je les félicite toutes. Elles ont été à plus de 100% et fait preuve d'une grande solidarité, avec des choses très intéressantes dans le jeu. On constate quand même qu'on commence à faire partie du gratin. Il n'y a pas beaucoup d'équipes qui font match nul ici, c'est plus souvent des dérouillées. L'Euro est encore loin mais ça nous permet de voir comment évoluent les nouvelles joueuses." 

Laura Georges, défenseure de l'équipe de France : 
"On est contente pour le jeu que l'on a produit, après ça reste un match nul, pas une victoire. On était venu ici pour l'emporter. Le but après deux minutes de jeu nous a réveillé. On s'est mise à jouer, et je me suis dit à ce moment-là qu'on pouvait les prendre à revers simplement en posant notre jeu. Il y a avait des espaces entre les lignes. Mais on doit être encore plus concentrées et plus des tueuses devant le but. Bien sûr, ce match nous donne confiance pour l'Euro mais en même temps on ne va pas se contenter de ça. Disons que c'est un bon match de préparation, on doit l'utiliser pour continuer à faire progresser le groupe."

Bianca Schmidt aura été dangereuse à plusieurs reprises (photo dfb.de)
Bianca Schmidt aura été dangereuse à plusieurs reprises (photo dfb.de)
Wendie Renard, défenseure de l'équipe de France : 
"A la fin d'un match comme ça, on est plutôt fatigué. On a joué ce match dans des conditions difficiles. Pour dix d'entre nous (ndlr : les joueuses lyonnaises ont disputé la semaine dernière le championnat du monde des clubs au Japon), c'était dur dans les jambes, mais ce n'est pas une excuse. On a eu des occasions pour l'emporter ce soir, elles aussi. le match nul est mérité je pense. On a fait preuve de solidarité, de combattivité. Le vrai test, ce sera dans les grandes compétitions. On fait partie aujourd'hui des meilleurs équipes mais on a encore rien gagné. A nous de travailler pour pouvoir espérer quelque-chose à l'Euro." 

Silvia Neid, sélectionneuse de l'équipe féminine d'Allemagne :
 
"Nous avons très bien débuté la rencontre avec ce but, mais aussi en gagnant nos duels et en récupérant vite les ballons. Ça s'est gâté quand la France a commencer à jouer. C'est une équipe très technique qui réussit à mener des contres rapides. Les Françaises ont eu pas mal d'occasions, nous aussi mais nous avons manqué de précision. Je suis satisfaite, le match était d'un très bon niveau et confirme que la France fait partie des favoris pour l'Euro (ndlr : en juillet prochain en Suède). Pour nous, il clôt une année où nous n'avons pas perdu. C'est positif même si on doit s'améliorer dans certains secteurs du jeu, mais ce n'est pas ici que je dirais lesquels." 

Bianca Schmidt, défenseure de l'équipe d'Allemagne : 
"Ça a été un match compliqué mais ce n'est pas une surprise. On peut être contentes malgré tout, l'équipe de France est une grande équipe. Elles étaient aux Jeux Olympiques, nous pas ! C'est vrai je rate une grosse occasion. Ce n'était pas mon mauvais pied mais après un sprint de quatre cents mètres, il ne voulait plus (rires). Plus sérieusement, le coach va nous donner des "devoirs" pour cet hiver. Nous allons faire des tests de performance pour savoir sur quoi nous devons travailler, et arriver au maximum de nos moyens pour l'année prochaine et l'Euro."

 Louisa droit au but

Pour la première fois de son histoire, la France a obtenu un résultat positif face à l'Allemagne en Allemagne!



Sarah Bouhaddi, plus haut que Celia Okoyino Da Mbabi (photo dfb.de)
Sarah Bouhaddi, plus haut que Celia Okoyino Da Mbabi (photo dfb.de)
Malgré le froid du côté de Leipzig, et la neige fondue qui tombait du ciel sombre au dessus de l'Erdgas Sportpark, les Bleues ont su faire face à l'adversité pour accrocher la deuxième nation mondiale sur son sol. Une performance que les Bleues n'avaient jamais réussi dans leur histoire après six précédents. Pour ce match Bruno Bini devait faire face à un effectif réduit, les blessures s'étant multipliées dans une période où les joueuses sont très sollicitées. Après Ophélie Meilleroux, Elise Bussaglia, Gaëtane Thiney et Laure Boulleau n'étaient pas aptes pour ce rendez-vous, au contraire de la formation allemande de Silvia Neid (absences malgré tout de Kim Kulig et Fatmire Bajramaj). 

Jessica Houara fêtait ainsi sa troisième sélection, en tant que titulaire au poste de latérale gauche. La défense comptait par ailleurs un axe central Laura Georges - Wendie Renard qui aura de nouveau fait parler de lui en s'imposant à de multiples reprises face aux attaquantes allemandes, alors que Sarah Bouhaddi a réussi une prestation solide. Le milieu de terrain Soubeyrand - Abily a bien résisté alors que l'attaque française pas souvent à son évidence a su par contre se montrer dangereuse sur ses opportunités avec notamment trois barres transversales.

Deux entames de période difficiles

Verena Faisst buteuse d'entrée félicitée par ses partenaires
Verena Faisst buteuse d'entrée félicitée par ses partenaires
Acculées en défense, les Françaises ont raté leurs deux entames de périodes. Après quatre-vingt six secondes de jeu, les Bleues étaient menées au score. Celia Okoyino Da Mbabi sur la première action allemande se retrouvait couloir droit et centrait à ras de terre devant le but. La défense alignée était prise à revers et Verena Faisst reprenait au second poteau (1-0, 2'). Un scénario compliqué qui aurait pu se reconduire en seconde période car dès la 46e minute, Bianca Schmidt plaçait une frappe croisée qui frôlait le cadre. Le milieu français avait des difficultés à prendre le dessus, les Allemandes prenaient le dessus et sur un nouveau centre de Bianca Schmidt venu de la droite Simone Laudehr talonnait et donnait à Anja Mittag l'opportunité de venir au duel avec Sarah Bouhaddi qu'elle éliminait d'un dribble dans les six mètres mais ne pouvait pas redresser le ballon (16e). Laura Georges et Wendie Renard faisaient le travail nécessaire pour imposer leur gabarit dans les duels mais aussi en réussissant des tacles décisifs. 
Les Bleues allaient saisir leur chance et égaliser sur un corner obtenu après un bon mouvement français. Sur ce corner de Louisa Necib, toute la défense et la gardienne germanique passaient au travers, alors que les Françaises n'étaient pourtant pas au duel. Corine Franco surgissait au deuxième poteau et se jetait pour trouver le cadre (1-1, 24'). 

Trois transversales tricolores

Laura Georges s'est imposée face aux attaquantes allemandes
Laura Georges s'est imposée face aux attaquantes allemandes
Mais outre ce but, les occasions des Bleues allaient se reproduire. Avant même le but, elles obtenaient une énorme double occasion sur la même action. Le coup franc de 25 m frappé dans l'axe par Louisa Necib s'écrasait sur la barre, le ballon revenait sur la tête de Camille Abily et c'est encore la barre qui repoussait la tentative de la Lyonnaise (11e). En seconde période, Marie-Laure Delie saisissait sa chance et le ballon rebondissait sur le dessus (77e) ! En fin de match alors que les Allemandes baissaient de rythme, Marie-Laure Delie, encore obligeait Josephine Henning à un retour décisif (86e). 

L'Allemagne avait bien avant essayé de reprendre l'avantage notamment en début de seconde période après avoir effectué trois changements. La France faisait le dos rond devant Melanie Behringer ou encore Simone Laudehr puis Celia Okoyino Da Mbabi était rattrapée par Laura Georges (61e). Les Bleues tenaient finalement le résultat nul jusqu'au terme des quatre-vingt dix minutes. A sept mois et demi de l'Euro 2013, la préparation n'a pas encore réellement débuté mais les Bleues ont affiché du répondant contre l'un des favoris annoncés de la compétition. Le deuxième test est prévu en février prochain à Strasbourg contre cette même équipe.

Jeudi 29 novembre 2012 - 15h15
ALLEMAGNE - FRANCE : 1-1 (1-1)
Halle (Erdgas Sportpark)
Temps froid et pluvieux - Terrain humide
Spectateurs : 5 123
Arbitres : Kirsi Heikkinen (FIN) assistée de Inka Müller-Schmäh (ALL) et Katrin Rafalski (ALL). 4e arbitre : Martina Storch-Schäfer (ALL)
But pour l'Allemagne : Verena FAISST 2' 
But pour la France : Corine FRANCO 24'

Aucun avertissement

ALLEMAGNE : 1-Nadine ANGERER (cap.) ; 2-Bianca SCHMIDT, 5-Annike KRAHN, 3-Saskia BARTUSIAK (23-Josephine HENNING 46'), 4-Babett PETER ; 20-Lena GOESSLING (14-Nadine KESSLER 87'), 6-Simone LAUDEHR ; 10-Linda BRESONIK (17-Viola ODEBRECHT 46'), 11-Anja MITTAG (16-Martina MÜLLER 70'), 15-Verena FAISST (7-Melanie BEHRINGER 46') ; 13-Celia OKOYINO DA MBABI (24-Lena LOTZEN 64'). Entr.: Silvia NEID
Non utilisées : 12-Almuth SCHULT, 21-Laura BENKARTH, 8-Svenja HUTH, 9-Alexandra POPP, 22-Luisa WENSING, 25-Leonie MAIER
FRANCE : 16-Sarah BOUHADDI ; 7-Corine FRANCO (11-Julie SOYER 81'), 2-Wendie RENARD, 4-Laura GEORGES, 19-Jessica HOUARA ; 10-Camille ABILY, 6-Sandrine SOUBEYRAND (cap.) ; 12-Elodie THOMIS (8-Camille CATALA 74'), 14-Louisa NECIB, 9-Eugénie LE SOMMER ; 18-Marie-Laure DELIE. Entr.: Bruno BINI
Non utilisées : 1-Céline DEVILLE, 13-Sabrina DELANNOY, 20-Kheira HAMRAOUI

ALLEMAGNE 1 - 1 FRANCE

86e Course solitaire de Delie en duel avec Henning qui doit tacler pour éviter qu'elle ne se présente face à Angerer
85e l'Allemagne a baissé de rythme et la France reste en place.
83e Corner de Soubeyrand, Renard vient pour couper la trajectoire mais une Allemande le sort. L'arbitre n'a pas vu qu'il y avait de nouveau corner
81e Changement en défense avec la sortie de Franco, buteuse, et l'entrée de Soyer
77e Belle frappe de Delie qui vient rebondir sur le dessus de la barre
74e Premier changement tricolore, Camille Catala fait son apparition et Elodie Thomis sort.
71e la France n'a toujours pas fait de changements. Il est vrai que les forfaits de Meilleroux, Bussaglia, Thiney et Boulleau ont réduit les possibilités
70e Martina Müller fait son entrée pour sa dernière sélection, sa 101e. Elle remplace Anja Mittag
70e Bon mouvement français avec un centre de Thomis qui ne trouve pas preneur
64e Quatrième remplacement allemand avec Lena Lotzen qui remplace Celia Okoyino Da Mbabi
61e Nouvelle intervention décisive de Georges qui tacle le ballon dans la surface devant Okoyino Da Mbabi
60e La France est dominée mais sur un contre Thomis oblige trois Allemandes et la gardienne à intervenir
54e Frappe de Laudehr depuis le côté gauche de la défense française. Bouhaddi se détend et sort le ballon en corner
54e La défense est mise à mal mais Laura Georges arrive à écarter le danger en s'y reprenant à deux fois !
53e L'Allemagne pousse en ce début de seconde période et les joueuses entrées se font remarquer à l'image de Melanie Behringer
46e L'entame française a été de nouveau manquée et sur une frappe croisée, Schmidt a été tout près de battre Bouhaddi
46e Le troisième changement est l'entrée de Behringer à la place de la buteuse de Faisst
46e Autre changement avec l'entrée de Henning à la place de Bartusiak
46e C'est reparti avec l'engagement pour les Allemandes
46e Changement à la pause, avec la sortie de Linda Bresonik remplacée par Viola Odebrecht
45e C'est la pause sur ce score de 1-1
36e La France a réussi à se mettre au rythme soutenu des Allemandes, mais les Bleues vont devoir cravacher jusqu'au bout
26e Superbe intervention défensive de Georges devant Mittag dans un duel en un-contre-un dans la surface
24e BUT DE CORINE FRANCO. Sur un corner de Louisa Necib, toute la défense et la gardienne passent au travers, alors que les Françaises ne sont pas au duel. Corine Franco surgit au deuxième poteau et se jette pour trouver le cadre
23e Sur un bon mouvement français, les Bleues obtiennent un corner grâce à Le Sommer
19e Nouveau centre allemand de Schmidt venu de la droite, Laudehr talonne devant sa défenseure, Mittag récupère devant Bouhaddi mais est trop excentrée et ne parvient pas à redresser le ballon
16e Corner allemand cafouillé dans la défense, Okoyino Da Mbabi reprend mais le ballon passe juste à côét du cadre
11e Enorme double occasion des Bleues. Coup franc de 25 m dans l'axe de Necib qui s'écrase sur la barre, le ballon revient sur la tête d'Abily qui reprend et c'est encore la barre qui repousse. Quel manque de réussite !
7e Abily tente sa chance de 25 m mais pas de problème pour la capitaine allemande et gardienne Nadine Angerer
3e Frappe trop croisée de Necib de 20 m
2e BUT DE VERENA FAISST. Okoyino Da Mbabi sur la première action allemande centre à ras de terre devant le but, la défense alignée est prise à revers et Verena Faisst reprend au second poteau


Cérémonie championne du monde des clubs

La médaille du titre de championne

lundi 26 novembre 2012

Championnes du monde des clubs

Je suis fière d'être à Lyon et entourée de telles championnes ... Sarah a été une vraie géante! 

dimanche 25 novembre 2012

Joueuses au bord de la crise de nerfs

Favoritisme, pressions morales, vexations... Les méthodes du sélectionneur Bruno Bini divisent l’équipe de France féminine, au risque de remettre en cause sa progression des dernières années.
"Je me suis fait assassiner dans les médias et aucune d’entre vous ne m’a défendu." Septembre 2012 à Clairefontaine, premier rassemblement de l’équipe de France féminine après les JO de Londres achevés au pied du podium (4e), comme la Coupe du monde un an plus tôt. Le sélectionneur Bruno Bini prend la parole devant son groupe. Le débriefing sera court. Aucun retour technique, des reproches, et surtout un rappel de la prééminence de son fameux "projet de vie" : un patchwork où se mêlent aphorismes, citations, chansons et règles de cohabitation. Les joueuses comprennent que jusqu’à l’Euro suédois en juillet 2013, les mois seront difficiles à vivre.

"Le changement, ce n’est pas pour maintenant"

Le 20 août, Bruno Bini leur avait déjà fait passer une lettre par mail. "Si vous voulez continuer avec les Bleues, vous devrez impérativement (avec vos caractères propres qui sont, je sais, différents de l’une à l’autre) être en harmonie avec le Projet de Vie. […] Vous voyez, rien de bien nouveau… Le changement, sur ce dossier comme sur d’autres, ce n’est pas pour maintenant!!!" Un mail envoyé par Pierre Repellini, le responsable administratif des Bleues, curieusement siglé Unecatef et non FFF. Pas sûr que cette dernière aurait apprécié le ton employé. Ni que tous les entraîneurs affiliés au syndicat des entraîneurs (dont Repellini est vice-président délégué et Bini membre du comité directeur) le cautionnent, d’ailleurs. "Rien à dire sur le fond. Mais dans la forme, on sent une intention de pression morale, voire d’ultimatum", s’étonne François Peltier, spécialiste en management sportif, à qui nous avons fait lire cette lettre.
Le sélectionneur tentait de reprendre la main en resserrant sa poigne. Autant la demi-finale de Coupe du monde marquait un progrès, autant les JO s’apparentent à une stagnation. Il y avait moyen de faire mieux, estiment unanimement les joueuses. "C’est du gâchis", a résumé à chaud l’expérimentée Sonia Bompastor. Bini l’a pris pour lui. Il faut dire qu’il a l’habitude de réagir à la moindre sortie médiatique de ses joueuses par des SMS menaçants. "De toute façon, je ne dirai pas que c’est la faute de Sarah et d’Élise", glissait-il, juste après la défaite en demi-finale face au Japon, allusion à une faute de main de sa gardienne et à un penalty manqué de sa milieu de terrain.

"Les Copains d’abord"

Le 10 septembre, lors d’une réception organisée boulevard de Grenelle, Bruno Bini présente aux employés de la FFF un court film retraçant le parcours aux JO. Trois ralentis sur l’erreur de Sarah Bouhaddi, autant sur le penalty d’Élise Bussaglia. Les joueuses sont pétrifiées. Beaucoup se sentent trahies. Alors que le champagne est servi, le président Noël Le Graët les interroge sur leur désarroi. Et commence à comprendre que la réalité est bien loin du conte de fées que Bruno Bini chante aux amoureux du football féminin.
Le président de la FFF en a confirmation dès lors que le sélectionneur ne convoque plus Sonia Bompastor. Le tort de la joueuse aux 153 sélections? Dans une discussion avec Bini, avoir martelé ses ambitions et ouvert des pistes pour que l’équipe progresse. Le coach semblait opiner. Mais après cela, il ne la regardera plus. Ne lui parlera plus. Comme pour acter sa mise à l’écart, sa traditionnelle "chanson du coach" change au stage suivant. Fini La Ballade des gens heureux, Bruno Bini choisit Les Copains d’abord de Georges Brassens. C’est là que le bât blesse le plus douloureusement. Derrière le leitmotiv de Bruno Bini – "vous êtes à 100 % avec moi, ou vous êtes contre moi" –, flotte l’impression largement partagée que le copinage est indissociable du "projet de vie". Et qu’il est un frein durable au développement de l’équipe. "Certaines peuvent marcher à l’entraînement et être mauvaises en match, elles seront toujours titulaires", entend-on.

Le string qui fait grincer

Premières visées, les deux piliers du sélectionneur : Gaëtane Thiney, en deçà de son vrai niveau aux JO, et Sandrine Soubeyrand, un mythe de 39 ans en déclin. Au-delà, des choix de joueuses pour le moins étranges depuis plusieurs années. Pourquoi appeler la gardienne remplaçante du PSG et pas la titulaire, comme il l’avait déjà fait avec les Lyonnaises ? Pourquoi mettre sur le banc Camille Abily, une des 10 meilleures joueuses du monde en 2012? Comment continuer d’ignorer Amandine Henry, meilleure milieu française, pour une brouille avec une autre internationale… qui est son équipière à Lyon?
Face à ces préférences, les rancoeurs remontent. On rappelle ce jour où, peu après sa prise de fonction, Bruno Bini a offert un string à Gaëtane Thiney, pour son anniversaire. Avant de monter un diaporama où certaines filles, sur sa proposition, exhibaient leurs tatouages intimes ou leur poitrine seulement recouverte d’une chaussure. On s’étonne qu’il s’invite à manger chez Gaëtane Thiney, quand ce n’est pas chez ses parents. Qu’il cautionne les attaques de sa capitaine Soubeyrand contre ses partenaires lyonnaises. Qu’il invite ses joueuses à fumer en sa compagnie, comme il le faisait avec les moins de 19 ans. Qu’il sélectionne une Guingampaise pour un match à Guingamp, ville de Le Graët, pour ne jamais la rappeler. Le gouffre a dépassé l’opposition entre les restes du football amateur, symbolisé par les deux joueuses de Juvisy, et celles du professionnalisme montant qu’incarnent les Lyonnaises, doubles championnes d’Europe.
Depuis qu’il a écarté Bompastor, ceux qui le côtoient le décrivent comme un homme obnubilé par son image, qui passe des heures à épier ce qui le concerne sur les réseaux sociaux. Les dernières rencontres, des nuls arrachés à l’Angleterre et aux Pays-Bas ont affiché au grand jour le visage d’un groupe qui se délite. À l’extérieur, Bini joue les illusionnistes. À l’intérieur, ce sont ses adjoints, Philippe Joly et Corinne Diacre, qui prennent le jeu de l’équipe en main. Cette dernière, première femme à passer le diplôme d’entraîneur professionnel – que Bini ne possède pas – a annoncé son intention de lui succéder à terme. En attendant, elle se tait. Comme les adjoints de Domenech face à d’autres dérives, en d’autres temps.

Le coup d’État manqué

Mieux, depuis qu’il est placé sous la responsabilité directe du président de la FFF, celui qui se présente comme "le président de la République" de l'équipe ne parvient plus à freiner ses ambitions politiques. Avec la secrétaire générale de la FFF, Brigitte Henriques, alias "Féminator", auteur du plan de féminisation du football, il a tenté de pousser à une refonte des sélections de jeunes, consistant simplement à remplacer certains techniciens en place par des membres de leur réseau. Ou comment contrôler l’ensemble du foot féminin. Parmi leurs cibles, l’entraîneur Guy Ferrier, sélectionneur de l’équipe des moins de 17 ans. Appuyé par le responsable des sélections, Willy Sagnol, le DTN François Blaquart s’est opposé aux visées hégémoniques du duo. Avec ces jeunes filles, Guy Ferrier sera sacré champion du monde quelques mois plus tard, au grand dépit de Bruno Bini. Qui n’a plus beaucoup de soutiens à la DTN.

Des joueuses veulent voir Le Graët

L’équipe de France est réunie ce matin à Clairefontaine avant un match amical, jeudi, en Allemagne. Persuadée d’être menée droit dans le mur, une majorité de joueuses vient en traînant les pieds. Une poignée a désormais l’intention de porter l’affaire devant Noël Le Graët. Il leur a été conseillé d’attendre les élections, sa préoccupation majeure jusqu’au 15 décembre. Au-delà, malgré un entregent qui opère jusqu’à l’entourage même du président, le sélectionneur peut déjà plancher sur un projet de réconciliation.

L'OL Féminin remporte la coupe du monde des clubs


Les Lyonnaises se sont imposées face à l'INAC Kobe à Tokyo dans les prolongations. Les buts sont signés Corine Franco à la 79e minute et Sonia Bompastor sur pénalty à la 103e minute. Les filles de Patrice Lair ont donc réussi à s'imposer face aux championnes en titre du Japon. L'OL Féminin est donc le premier vainqueur de cette coupe du monde féminine des clubs dont le titre n'est pas encore reconnu par la FIFA.